Le footer de Lucky Treasure affiche Geneva Marketing Limited (Anjouan, registre 15914), mais la page interne « Comptes, Paiements et Bonus » mentionne Gleneagles BV (Curaçao, registre 158256). Deux entités, deux juridictions, aucune communication publique: j’ai voulu comprendre pourquoi.
Ce que dit le footer : Geneva Marketing Limited, Anjouan
Le mardi 16 juin 2026 à 21 h 14, j’ouvre la page d’accueil de Lucky Treasure et je descends en bas de page. Le footer indique noir sur blanc : « Geneva Marketing Limited, Hamchako, Mutsamudu, Île Autonome d’Anjouan, Union des Comores, numéro d’enregistrement 15914 ». Le numéro de licence affiché est ALSI-202503024-FI2, délivré par Anjouan Licensing Services Inc. depuis mai 2023.
Jusque-là, le tableau est cohérent avec ce qu’on retrouve dans les casinos offshore récents : une licence « easy to obtain » en deux à quatre semaines, un coût de mise en place autour de 25 000 $ et 15 000 $ par an, une taxation GGR à zéro pour cent. La juridiction comorienne mise sur la rapidité et la souplesse, au prix d’une protection joueur faible comparée à la Malta Gaming Authority ou à l’UK Gambling Commission.
Mais en cliquant sur la page « Comptes, Paiements et Bonus » le même soir vers 21 h 28, le visage juridique du site change brusquement.

Ce que dit la page paiements : Gleneagles BV, Curaçao
La page interne consacrée aux comptes joueurs cite une autre entité : Gleneagles BV, immatriculée à la Chambre de Commerce de Curaçao sous le numéro 158256, domiciliée Johan Van Walbeeckplein 24, Willemstad. Cette entité apparaît comme responsable des opérations de paiement, sans qu’une explication soit fournie sur sa relation avec Geneva Marketing Limited.
J’ai croisé l’information avec Datocapital et le registre de la Chambre de Commerce de Curaçao : Gleneagles BV existe bien, l’immatriculation est valide. Les ex-licences attribuées à cette entité divergent selon les sources secondaires : certaines mentionnent une licence Curaçao 1668/JAZ, d’autres 365/JAZ, d’autres encore 8048/JAZ via Antillephone. Ces numéros renvoient au système Curaçao d’avant la réforme LOK 2024, et toutes les anciennes licences « sub-licences » ont expiré ou doivent être renégociées sous le nouveau régime CGB.
Notre rédaction n’a pas pu vérifier laquelle de ces trois numérations correspond exactement à Gleneagles BV avant la migration. Ce que je peux écrire, en revanche, c’est qu’aucune communication publique de l’opérateur n’explique le passage de Curaçao à Anjouan entre 2024 et 2025.
La migration Curaçao → Anjouan : chronologie probable
En recoupant les premières captures de Lucky Treasure sur Wayback Machine et l’agenda de la réforme Curaçao, je reconstitue une chronologie plausible :
- 2023 — lancement de la marque Lucky Treasure sous Gleneagles BV, licence Curaçao « sub-licence » Antillephone (probablement 1668/JAZ ou 8048/JAZ)
- Courant 2024 — entrée en vigueur progressive de la réforme Curaçao LOK ; les anciennes sub-licences deviennent caduques, les opérateurs doivent demander une licence directe CGB ou migrer vers une autre juridiction
- Mai 2024 → fin 2025 — bascule du portage opérationnel vers Geneva Marketing Limited, immatriculée à Anjouan, licence ALSI-202503024-FI2 obtenue auprès d’Anjouan Licensing Services Inc.
- 2026 — coexistence non documentée des deux entités dans les pages servies : footer Anjouan, paiements Curaçao
Cette coexistence est juridiquement possible (Gleneagles BV peut rester « merchant of record » pour les transactions bancaires tandis que Geneva Marketing porte la licence iGaming). Elle est éditorialement opaque, parce que rien dans les conditions générales ne l’explique au joueur français qui s’inscrit aujourd’hui.
Pourquoi cette opacité dérange la rédaction
Un casino offshore qui change de juridiction sans le dire à ses clients soulève trois questions concrètes que tout joueur francophone devrait poser avant de déposer :
- Quel régulateur saisir en cas de litige ? Anjouan Gaming Authority (Geneva Marketing) ou Curaçao Gaming Control Board (Gleneagles BV) ? La réponse n’est pas dans les T&C.
- Qui contractualise réellement avec moi ? La langue contractuelle des T&C est l’anglais, et l’entité contractante varie selon la page du site consultée.
- Que se passe-t-il si l’une des deux entités fait faillite ? Si Gleneagles BV (Curaçao) cesse d’opérer les paiements, qui prend le relais ? Geneva Marketing ? Un tiers ?
Sur ces trois points, j’ai contacté le support Lucky Treasure le vendredi 19 juin 2026 à 22 h 06 via le chat en français. La réponse, courtoise mais brève, m’a renvoyée aux T&C sans préciser laquelle des deux entités juridiques est mon interlocuteur direct. La transparence opérationnelle est, ici, en dessous des standards qu’on attend même d’un opérateur offshore.

Trois faiblesses documentées de ce dual-entity pattern
1. L’absence de communication publique sur la migration prive le joueur d’un repère temporel : à partir de quelle date les nouvelles inscriptions relèvent-elles d’Anjouan plutôt que de Curaçao ?
2. Le footer affiche un numéro de licence Anjouan, mais la page paiements ne précise pas si Gleneagles BV opère encore sous une licence Curaçao active après la réforme LOK 2024 ou si elle n’est plus qu’une coquille comptable.
3. En cas de litige porté devant Casino.guru ou un médiateur tiers, le joueur devra démontrer qui est son cocontractant : la jurisprudence montre que ce flou ralentit les médiations de plusieurs semaines, parfois plusieurs mois (voir le cas Linne France évoqué dans notre dossier sur le Safety Index Casino.guru 7,4/10).
Ce que je recommande au joueur francophone
Si vous envisagez de jouer sur Lucky Treasure malgré ce flou juridique, je vous suggère trois précautions opérationnelles :
- Conservez chaque échange avec le support (chat, mail) en capture d’écran datée. En cas de litige, la chronologie sera votre première preuve.
- Limitez les dépôts cumulés sous le seuil de 500 € tant que vous n’avez pas validé un premier retrait complet. Le plafond welcome est précisément à 500 €, ce n’est pas un hasard.
- Si vous identifiez un blocage de retrait, signalez-le simultanément à Casino.guru (médiation gratuite) et au support Lucky Treasure, en mentionnant explicitement les deux entités juridiques dans votre formulaire de plainte.
Pour la cartographie complète des clauses contractuelles qui pèsent sur le compte joueur, consultez notre analyse des clauses unfair signalées par Casino.guru. Pour la comparaison avec le casino frère sous la même Geneva Marketing, voyez aussi nos pages sur Kings Chance Casino et sur la migration Curaçao → Anjouan.
Questions fréquentes
Qui est mon véritable cocontractant quand je m’inscris sur Lucky Treasure ?
Le footer du site désigne Geneva Marketing Limited (Anjouan, registre 15914) comme opérateur public. La page interne consacrée aux paiements mentionne en parallèle Gleneagles BV (Curaçao, registre 158256). L’opérateur ne précise pas laquelle des deux entités contractualise directement avec vous. Notre rédaction recommande d’archiver vos communications avec le support pour clarifier ce point en cas de litige.
Mes données personnelles sont-elles protégées de la même façon sous Anjouan que sous Curaçao ?
Ni Anjouan ni Curaçao n’appliquent un cadre équivalent au RGPD européen. La politique de confidentialité du site mentionne les pratiques internes de l’opérateur, mais aucune autorité de contrôle indépendante ne supervise le traitement de vos données comme le ferait la CNIL en France. Avant de transmettre vos pièces KYC (carte d’identité, justificatif de domicile), assurez-vous que vous acceptez ce niveau de garantie inférieur.
Combien dois-je raisonnablement déposer sur un casino dont l’entité juridique reste opaque ?
Notre rédaction conseille de plafonner vos dépôts cumulés sous 500 € tant que vous n’avez pas validé au moins un retrait complet sans incident. Pour un joueur récréatif, un budget mensuel de 50 à 150 € constitue un seuil raisonnable. Si vous ressentez le besoin de dépasser ce cadre, parlez-en à Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé, anonyme).
Le flou Curaçao/Anjouan peut-il dissimuler une dérive vers un opérateur problématique ?
Le dual-entity pattern n’est pas systématiquement signe de fraude : certains groupes le pratiquent pour des raisons fiscales ou bancaires légitimes. En revanche, l’absence de communication publique est un signal éditorial négatif. Casino.guru maintient à ce jour un Safety Index de 7,4/10 « above average » et ne classe pas Lucky Treasure en blacklist, mais signale 4 clauses contractuelles unfair (voir notre dossier dédié).
Si je sens que je joue trop, que faire pendant que je règle ce litige juridique ?
L’auto-exclusion est accessible depuis votre compte Lucky Treasure (rubrique « Auto-exclusion »). Vous pouvez aussi vous inscrire sur le registre français Évalujeu pour vous bloquer auprès des opérateurs régulés ANJ, et appeler Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13. Les opérateurs offshore n’ont pas obligation légale de respecter Évalujeu, mais vous restreindrez votre accès aux casinos français concurrents.